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La Tribune du Pr Bonnot dans le Monde du 9 mai : Les patients psychiatriques doivent bénéficier des évaluations et des soins somatiques comme les autres patients.

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Olivier BONNOT, septembre 18

Professeur Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent à l’Université et au CHU de Nantes. Centre de Compétence Maladies Rares à Expressions Psychiatriques Grand Ouest.

Recherche de Pathologies organiques en psychiatrie et dans le champ du handicap mental : une négligence aux lourdes conséquences.

 

La psychiatrie est une discipline médicale transversale aux champs d’intérêts larges oscillant entre sciences humaines et neurosciences. Cette diversité des approches en fait toute la richesse, mais cache des luttes idéologiques, en particulier sur la question des liens entres maladies organiques et troubles psychiatriques. Aujourd’hui encore, on apprend aux étudiants qu’un patient est psychiatrique s’il n’a pas de pathologie organique. En médecine, on appelle cela un diagnostic d’exclusion ou d’élimination. Cette dichotomie psychique versus organique est à la fois en contradiction totale avec les avancées scientifiques de ces vingt dernières années, mais surtout hautement préjudiciable aux patients qui risquent de ne pas bénéficier de soins appropriés.

Les maladies liées à des anomalies génétiques connues fournissent un exemple éclairant des risques et aberrations de cette dichotomie. Il y a maintenant 20 ans, des chercheurs ont démontré que 2% des patients schizophrènes ont une anomalie génétique bien identifiée, une micro délétion 22q11 (anomalie sur le bras court du chromosome 22), ce qui est au moins deux fois plus que dans la population générale. Cette découverte surprenante n’a malheureusement pas eu un retentissement considérable dans la pratique quotidienne alors qu’elle doit impliquer des changements de la stratégie thérapeutique. Cette anomalie génétique n’est pas un cas isolé, c’est plusieurs centaines de maladies organiques qui peuvent être associées aux pathologies psychiatriques ou à la déficience intellectuelle. Certaines d’entres elles, à l’instar des maladies enzymatiques ou neurométaboliques peuvent parfois bénéficier d’un traitement médicamenteux et être associées à l’autisme, aux schizophrénies ou à la déficience intellectuelle. Cela signifie qu’il serait possible d’améliorer considérablement l’évolution et les conditions de vie de patients psychiatriques ou déficients, si l’on se donnait la peine de chercher plus systématiquement ces maladies. Il ne fait aujourd’hui aucun doute qu’il existe dans les structures s’occupant de handicaps mentaux, comme dans les hôpitaux psychiatriques, des patients présentant des maladies somatiques qui n’ont pas été diagnostiquées. C’est d’autant plus préjudiciable que nombre d’entre elles seraient potentiellement traitables.

C’est une forme de négligence inacceptable que de ne pas proposer de bilans cliniques et paracliniques de qualité à des patients qui sont déjà marginalisés, ou stigmatisés par notre société.

L’accès aux soins somatiques est la première priorité, tant en milieu psychiatrique que médico-social, est inférieur à ce que l’on observe dans la population générale. Cela parait incroyable, et c’est pourtant une réalité en France, comme dans de nombreux pays occidentaux. En premier lieu, ouvrir davantage de postes de médecins généralistes, et d’internes en médecine générale dans ces structures, serait déjà une réponse simple et peu coûteuse. Réinstaller dans les hôpitaux psychiatriques, des laboratoires d’analyses, serait utile. Et dans tous les cas, organiser un parcours patient en psychiatrie, et dans le champ du handicap autour de la question des explorations somatiques, devrait être une priorité des Agences Régionales de Santé. Deuxième priorité, une transversalité accrue de la formation. La médecine personnalisée que la société et les usagers des soins appellent de leurs vœux, doit envisager une prise en charge globale du patient et donc compréhension globale permise par un enseignement associant diverses spécialités médicales. Les psychiatres doivent s’intéresser au bien-être, à la souffrance psychique, mais aussi physique. Ils devront être mieux formés à la détection des maladies associées aux troubles psychiatriques. C’est sans doute un état d’esprit qu’il faut changer dans toute la communauté médicale pour que les patients psychiatriques et les handicapés mentaux puissent bénéficier des examens les plus adaptés. La formation du personnel paramédical qui travaille au plus près de ces patients, dont le rôle est essentiel devra également être revue. Troisième priorité, promouvoir des études médico-économiques. Examens et traitements peuvent avoir un coût jugé trop important. Les analyses médico-économiques, principalement à l’étranger, évaluent le coût de la vie entière de patients avec des troubles psychiatriques chroniques et des déficiences intellectuelles à plusieurs millions d’euros par individu. Les prévalences de ces troubles touchant 1% de la population générale (et même 2% pour la déficience intellectuelle), le coût pour un pays comme la France peut se monter à plusieurs milliards d’euros. Pouvoir en soigner davantage serait une source d’économies. L’évidence n’étant pas la preuve, des études médico-économiques françaises, prenant en compte les spécificités de notre système de santé seront nécessaires.

Cette négligence collective conduisant à des retards diagnostics et de traitements, est aussi à l’image de la façon dont notre société traite les patients psychiatriques et handicapés mentaux. Une médecine moderne ne doit oublier personne, n’oublions pas nos patients psychiatriques et déficients.

 

 


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ACTUALITES – CONGRES & COLLOQUES

A venir, et nous y participons Congrès de l’Encéphale en janvier à Paris, Congrès de l’AEEPEA en avril à Bilbao,  Congrès de la SFPEA-DA en juin à Angers, Congrès de la IACAPAP en juillet à Prague, Congrès du CFP en novembre à Nantes….

Nous recrutons des enfants et adolescents de 7 à 17 ans présentant une dépression pour une étude pharmacologique et psychothérapeutique. Tous les participants sont inclus dans une psychothérapie. Contactez nous !

Présentation aux journées Focus Santé de la Ville de Nantes. Retrouvez ici le support de la conférence du Pr Bonnot. 


Un site de ressource en psychiatrie très bien fait. 

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Présentation par Skype lors du Colloque Autisme de l’Université Saint Joseph de Beyrouth. Autisme et Maladies Rares. 


Plus ancien, mais toujours utile :


Le Pr Pierre Ferrari nous quitté le 8 aout 2016. Retrouvez ici un hommage et un résumé de celui qu’il a été et de ses apports à la psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent. Article retraçant la carrière du Pr Pierre Ferrari.


Retrouvez les interventions de David Cohen, Angele Consoli, Stephane Mouchabac, Jacques Dayan, Jean Marc Baleytte, Bernard Golse et Olivier Bonnot lors de notre colloque Psychiatrie et Organicité du 11 décembre 2015 ici


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